Traduire une carte de restaurant pour une clientèle étrangère

Traduire un menu : les plats ne se traduisent pas, ils s’expliquent

Un nom de plat traduit littéralement devient incompréhensible ou repoussant. La bonne méthode consiste à garder le nom et à décrire les ingrédients.

La marche à suivre

1. Lister les plats dont le nom doit rester en français

Spécialités, appellations, produits protégés, plats dont le nom fait partie de l’identité du restaurant. Ils gardent leur nom, dans toutes les langues de la carte.

2. Écrire une description courte en français

Pour chaque plat : ingrédients principaux, cuisson, accompagnement, en une ligne. C’est ce texte-là qui sera traduit, et il est bien plus traduisible qu’un nom de plat.

3. Traduire les descriptions, pas les noms

Les descriptions se traduisent normalement. Les noms restent, éventuellement suivis d’une transcription phonétique simple si vous voulez aider la prononciation.

4. Vérifier les allergènes un par un

Les noms d’allergènes se vérifient dans chaque langue. Ne vous fiez pas à une traduction automatique pour cette partie : faites-la relire.

5. Relire avec quelqu’un qui ne connaît pas la cuisine française

Le test décisif : une personne étrangère comprend-elle ce qu’elle va manger ? Si la réponse est non, la description est à revoir, pas la traduction.

Les erreurs à ne pas commettre

Traduire littéralement un nom de plat

« Œufs à la neige » traduit mot à mot devient « snow eggs », qui ne décrit rien. La description, elle, fonctionne : blancs d’œufs pochés sur une crème à la vanille.

Traduire les allergènes approximativement

Les noms de fruits à coque, de crustacés et de céréales contenant du gluten doivent être exacts dans chaque langue. C’est une question de sécurité, pas de style.

Traduire une appellation protégée

Les appellations et indications géographiques sont des noms juridiquement protégés : elles ne se traduisent pas et ne s’adaptent pas.

Rendre un plat peu engageant

Certaines formulations littérales d’abats ou de préparations traditionnelles sont dissuasives dans une autre culture alimentaire. Décrivez le goût et la texture plutôt que l’organe.

Exemples

Nom conservé, description traduite

Avant

Blanquette de veau

Après

Blanquette de veau — slow-cooked veal in a creamy white sauce with carrots and mushrooms

Formulation proposée par la rédaction du site. Le nom du plat reste, la description rend le plat compréhensible.

Un faux ami à connaître

Avant

Entrées

Après

Starters (UK) / Appetizers (US)

Traduire « Entrées » par « Entrées » sur une carte destinée à une clientèle américaine fait comprendre « plats principaux ».

Vocabulaire à fixer une fois pour toutes

Ces correspondances sont des choix de rédaction : l’essentiel est de retenir une forme et de l’employer partout, y compris dans vos gabarits et vos e-mails.

Lexique de référence pour ce workflow (9 entrées)
FrançaisTraduction retenuePourquoi
EntréeStarter (UK) / Appetizer (US)Attention au faux ami : « entrée » désigne le plat principal aux États-Unis.
Plat principalMain courseFormulation claire dans tous les marchés anglophones.
Plat du jourDish of the dayÀ compléter par les ingrédients, puisqu’il change.
Formule déjeunerLunch set menuPréciser ce que la formule comprend, l’usage variant selon les pays.
SaignantRareLes degrés de cuisson ne se recouvrent pas exactement : indiquez-les et laissez le client choisir.
À pointMediumCorrespondance approchée : la pratique diffère selon les pays.
Fait maisonHomemadeMention encadrée en France : ne l’étendez pas à des plats qui n’y ont pas droit.
SupplémentExtraToujours accompagné du prix, pour éviter toute ambiguïté.
Sans glutenGluten-freeMention à n’utiliser que si vous maîtrisez le risque de contamination croisée.

Les outils de ce workflow

Questions fréquentes

Faut-il traduire les noms de plats ?

Non, dans la grande majorité des cas. Conservez le nom et ajoutez une description des ingrédients et de la cuisson. Le client sait alors ce qu’il commande, et le nom conserve sa valeur.

Comment gérer les allergènes dans plusieurs langues ?

Dressez une liste des allergènes présents dans votre cuisine, faites vérifier leur dénomination dans chaque langue, puis réutilisez exactement ces termes partout. Ne laissez pas un moteur décider de ce vocabulaire.

Combien de langues faut-il sur une carte ?

Deux bien faites valent mieux que cinq approximatives. Partez de la provenance réelle de votre clientèle, et ajoutez une langue quand vous pouvez la faire relire.

Sources

  1. Documentation LibreTranslate — API libre reposant sur Argos Translate, publiée sous AGPL-3.0